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Le blog fait par un lecteur, adressé aux lecteurs, pour parler de ses lectures

Mois : janvier, 2019

Flaubert, artiste épistolier

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Les correspondances occupent une place à part dans le travail d’un écrivain, elles satellisent autour des romans sans toujours entrer en relation avec eux. Dans le cas de Flaubert (1821 – 1880), les lettres sont au contraire indissociables de l’écriture de ses livres sauf quand elles les dépassent. Réunies, elles deviennent la pierre angulaire de son œuvre – son « œuvre capitale » pour reprendre l’expression de Jose Luis Borges à ce sujet. Auteur incontournable du XIXe siècle et chef de file du réalisme, Flaubert ne s’est pas contenté d’écrire des livres, il a créé de la littérature et a marqué celle-ci de son empreinte, de façon indélébile, en poussant la recherche du style à un point rarement atteint :

« Les pages qui t’ont frappée (sur l’Art, etc.) ne me semblent pas difficiles à faire. Je ne les referai pas, mais je crois que je les ferais mieux. C’est ardent, mais ça pourrait être plus synthétique. J’ai fait depuis des progrès en esthétique, ou du moins je me suis affermi dans l’assiette que j’ai prise de bonne heure. Je sais comment il faut faire. Oh mon Dieu ! si j’écrivais le style dont j’ai l’idée, quel écrivain je serais ! »[1]

Ses lettres deviennent ainsi un outil de travail, elles l’accompagnent dans l’écriture en train de se faire. Il y a des séjours à Paris, des mondanités de circonstance et peu de vacances parce que l’essentiel de son temps, Flaubert le consacre au travail, reclus dans sa Normandie natale. Cinq années furent nécessaires pour terminer le « chantier Bovary » (1851 – 1856) et de longues lettres viennent éclairer la recherche de Flaubert pour arriver à quelque chose de différent. Livré corps et âme à ce but, il vomit lui-même l’arsenic qu’il n’a pas pris pour accompagner son héroïne. Même intensité de labeur pour Salammbô (1862), roman historique conçu pour échapper à la lassitude de son temps :

« Je vais, pendant quelques années peut-être, vivre dans un sujet splendide et loin du monde moderne dont j’ai plein le dos. Ce que j’entreprends est insensé et n’aura aucun succès dans le public. N’importe ! il faut écrire pour soi, avant tout. C’est la seule chance de faire beau. »[2]

Chaque livre devient un nouveau défi, L’éducation sentimentale une « montagne à gravir », Le dictionnaire des idées reçues un coup de pied dans les valeurs de son époque. Et Flaubert ne manque pas d’utiliser ses lettres pour mettre au clair sa pensée ou solliciter l’avis de ses contemporains. C’est le deuxième intérêt de cette vaste correspondance : les interlocuteurs. Il y a bien entendu certains membres de la famille, des amis mais, surtout, un grand nombre des acteurs de la vie littéraire du Second Empire et de la Troisième République – soit trois générations qui coexistent dans des rapports de confrérie et/ou d’amitié. Les « maîtres » d’abord (Michelet, Hugo, Sand, Sainte-Beuve), dont Flaubert se présente comme étant le disciple mais qu’il ne manque pas d’égratigner parfois, tendre hypocrite qu’il sait être. Ses contemporains ensuite (Tourgueniev, Baudelaire, Renan, Taine, Edmond de Goncourt), dont il partage les idées et avec lesquels s’échangent les manuscrits. Enfin, les figures littéraires à venir et selon des degrés de rapprochement différents : une certaine réticence à l’égard de Huysmans par exemple, mais une véritable filiation avec Maupassant avec qui la correspondance est, comme le souligne Bernard Masson dans son avant-propos, « à traiter à part : le rapport est de père à fils, de maître à disciple. »

Comme un aboutissement à la phrase parfaite toujours recherchée, Flaubert a donc fait de sa correspondance une œuvre d’art, un pont merveilleux entre la phrase et le désir de son auteur, toujours exigeant avec lui-même, affectueux et généreux pour son lecteur, maniant l’ironie comme personne, même plongé dans le plus grand désarroi que procure la mélancolie d’un pareil talent : « Je suis un grand docteur en mélancolie. Vous pouvez me croire. Encore maintenant j’ai mes jours d’affaissement et même de désespérance. Mais je me secoue comme un homme mouillé et je m’approche de mon art qui me réchauffe. Faites comme moi, lisez, écrivez et surtout ne pensez pas à votre guenille. »[3]

[1] L’ensemble des citations provient de l’édition Folio (1998), choisie et présentée par Bernard Masson. Ici, lettre n° 30 à Louise Colet, 16 janvier 1852.

[2] Lettre n° 90 à Mademoiselle Leroyer de Chantepie, 11 juillet 1858.

[3] Ibid.

Dans l’asile de Gaston Ferdière

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« C’est chez vous, mon cher Robert Desnos, que j’ai connu le Dr Ferdière de Rodez en 1935 et je me souviens aussi que l’occulte est intervenu dans notre rencontre et que moi étant ici avant-hier 27 janvier 1943, vous vous êtes tous vus autour de moi, de la rue Marazine en 1935, ici, à Chezal-Benoît, le 27 janvier 1943. Et le ciel où vous vous retrouvez dans votre âme chrétienne et baptisée, avec l’âme de Jésus-Christ, était autour de nous. – Et en me réclamant pour me faire mettre à un régime d’homme et non de bête affamée, 5 ans et 4 mois dans les asiles d’aliénés français, le Dr Ferdière a accompli un geste chrétien. J’attends maintenant de lui qu’il me rende à ma famille qui n’est pas de la Terre mais du Ciel. Antonin Nalpas ».

Voici les quelques mots adressés par Antonin Artaud (1896-1948) à son ami Robert Desnos (1900-1945) le 29 janvier 1943, avant qu’il ne rejoigne l’asile psychiatrique de Rodez dirigé par Gaston Ferdière (1907-1990). On ne saurait balayer en quelques mots la nature de la maladie mentale développée par Artaud lorsque sa mère retrouva sa trace à l’hôpital psychiatrique départemental de Sotteville-lès-Rouen (décembre 1937), incapable de la reconnaître et affirmant être grec devenu Antoneo Arlanapulos[1]. S’ensuivent les années d’enfermement dans des structures pour aliénés. Des « maisons » d’où l’on ne sort pas, sans espoir de guérison parce que « soigner » n’était pas une intention, sans oublier les années de la Seconde Guerre mondiale durant lesquelles la plupart des patients ont littéralement crevé de faim.

Artaud, lui, alla mener ses combats loin du feu des mitrailles, contre ses propres démons auxquels il opposait des exorcismes, des signes cabalistiques, lettres et « Sorts » dont la lecture témoigne de la pathologie de leur auteur. Depuis 1941 ses lettres portaient la signature du nom de jeune fille de sa mère – Nalpas – et décrivaient les terribles conditions de son enfermement mais aussi la nécessité de lui procurer héroïne et délivrance. Il obtint celle-ci le 25 mai 1946 lorsque Gaston Ferdière le « rendit » à sa liberté, après plus de trois années passées dans la clinique de Rodez. Les soins et les traitements reçus par Artaud au cours de ces mois auprès du psychiatre ont beaucoup fait parler, notamment la méthode découverte par Cerletti en 1938, conçue à partir d’électrochocs supposés « démagnétiser » le patient. Ferdière y croyait.

Dans un très court texte publié en 2006, le psychiatre Emmanuel Venet est revenu sur la relation qui unissait Antonin Artaud à son psychiatre au cours de cette période[2]. La première partie du livre est consacrée à la biographie de Gaston Ferdière, poète sans œuvre proche des surréalistes qui mena une carrière de psychiatre contesté, jusqu’à finir placardisé à l’asile de Rodez. Mais Desnos lui faisait confiance et n’hésita pas à envoyer son ami Artaud pour qu’il bénéficie de conditions plus favorables et échappe au fléau de la « chronicisation », c’est-à-dire conserver le malade dans un état de latence sans espoir d’amélioration. Injustement, les mois passés par Artaud à Rodez ont souvent été mythifiés autour des électrochocs qu’il aurait reçus, négligeant l’art thérapie, les traductions et exercices de style que Ferdière proposait à son patient afin de le ramener à lui-même :

« Avec l’aide de l’aumônier, Artaud traduit Lewis Caroll. Le scorbut lui a laissé huit dents, qu’il gardera jusqu’à son départ de Rodez – et brossera peut-être. Il reprend du poids, rechigne à se laver, écrit de longues lettres à Ferdière ou à d’autres [signées Artaud]. De grâce, qu’on cesse de l’accuser de magie, il vit selon la règle de Jésus-Christ, se protège des envoûteurs, dénonce la cacophonie dans laquelle l’Europe a sombré depuis trente-neuf, et manifeste son amitié la plus empressée à Laval. »

Mais Antonin Artaud n’est pas le « héros » du récit d’Emmanuel Venet. Ce qu’il a dressé avec une puissante intensité, c’est le portrait de ce psychiatre qui a fait de son patient l’œuvre poétique qu’il avait lui-même autrefois avortée faute de talent : « Il le savait Ferdière, ce qu’il n’avait pas risqué dans son écriture, il le risquait maintenant dans sa danse avec un poète fou autour d’un volcan en furie. Donnons-lui acte qu’il a dansé de son mieux entre les coulées de lave et les escarbilles, conscient que l’un des deux, à la fin, serait sacrifié, et que ce serait lui. […] Alors la danse vire au combat, œil pour œil, coup pour coup. Il y aura un mort, ce sera Artaud ; et un perdant, ce sera Ferdière. »

[1] Pour une bonne synthèse de la biographie illustrée de Antonin Artaud, voir : GROSSMAN Évelyne, Antonin Artaud – Un insurgé du corps, Paris, éd. Découvertes Gallimard, 2006.

[2] VENET Emmanuel, Ferdière, psychiatre d’Antonin Artaud, Paris, éd. Verdier, 2006.

Londres, en passant

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Les Français mentent. La vérité c’est que Londres est une ville incroyable peuplée d’Anglais charmants, fusion inimitable de gentillesse et d’élégance. Tout là-bas semblerait un délicieux Circus aux dimensions extravagantes, dilué dans l’obscurité d’une rue de Kensington qui dans un autre monde vous transporte aux briques dominatrices de Bloomsbury à l’abri de Gordon Square. Seulement les trous laissés par les bombardements sur les murs des bâtiments les plus prestigieux rappellent qu’on n’a pas toujours ri ni fait la fête à Londres. Et puis il y a cette dame âgée en haillons qui va de table en table pour demander un téléphone parce qu’elle voudrait parler à sa fille morte depuis des années. Je lui offre une cigarette qu’elle décline. Son œil dit « Pourquoi tu ne m’aides pas ? » mais il ne méprise pas. Alors il faut partir. Loin. Tout est toujours loin à Londres.

Monk’s House, la maison des Woolf, est fermée pour l’hiver. Comme si une maison ne se visitait qu’au soleil. J’irai donc à Kew Gardens parce que c’est à côté de mon hôtel all inclusive où je ne me rendrai pas à la salle de sport. Et puis à Kew Gardens je chercherai le banc sur lequel une plaque dit « Micha and Franck Venaille will love these gardens forever… » Je ne le trouverai pas mais dans la serre, à côté d’un artichaut, un jeune homme pleure sans faire de bruit parce que sa compagne a décidé de le planter là, au milieux des touristes et des artichauts. Il y a peut-être un dérangement mental chez moi parce que je me souviendrai toujours de ça, l’homme, la femme et l’artichaut. Pas de Big Ben que je n’ai pas pris la peine de visiter. Je me souviens aussi de la nouvelle de Virginia Woolf intitulée Kew Gardens dans laquelle la romancière écrit :

« On eût dit que toute la pesanteur des corps s’était résorbée sur le sol en une masse indistincte, mais d’où s’élevait une rumeur de voix oscillant comme la flamme d’une bougie surgie de l’épaisseur de sa cire. Des voix. Oui, des voix. Des voix sans paroles, brisant brusquement le silence avec une satisfaction si profonde, un désir si passionné, ou bien, dans les voix des enfants, un étonnement si naïf : brisant le silence ? Mais il n’y avait pas de silence. »

C’est vrai qu’il n’y a pas de silence à Londres. Au pub surtout. Le vendredi soir. A glass of white wine please. Large or medium ? In your opinion ! Durablement je regretterai de ne pas aimer la bière mais je pense à Joyce qui n’était pas anglais mais irlandais et qui disait préférer le vin blanc au vin rouge parce qu’avec le second il avait l’impression d’avaler un steak. Je crois que c’est Italo Svevo qui raconte cette anecdote dans Sur James Joyce mais ce n’est pas lui qui raconte le jour où l’auteur d’Ulysse a rencontré Marcel Proust au Ritz en 1922. Le premier se serait plaint de sa mauvaise vue, le second de son estomac. Rien sur la littérature que chacun renouvelait avec force et pour longtemps. De cette soirée, Joyce écrit : « Notre conversation s’est résumée au mot « non ». Proust m’a demandé si je connaissais le duc d’Untel. J’ai répondu « non ». Notre hôtesse lui a demandé s’il avait lu telle ou telle partie d’Ulysse, il a répondu « non ». Et ainsi de suite. » Autour de la table figuraient également Picasso (qui s’y est « emmerdé ») et Stravinsky (« Je déteste Beethoven ! », a-t-il lancé à Proust).

Je n’étais pas là en 1922 mais à la Tate Modern il y a un Picasso situé au Level 2 or 3. Un portrait cubiste devant lequel tous les visiteurs passaient sans regarder comme dans le reste de cette ancienne usine d’électricité à l’architecture impressionnante (penser à demander si c’est une construction brutaliste mais je ne crois pas). Les musées nationaux sont gratuits, c’est donc un luxe incroyable de pouvoir s’y rendre sans se sentir obligé de regarder quoi que ce soit, comme cette jeune fille âgée d’une vingtaine d’années, assise sur les marches avec son thermos, qui semblait venir ici pour écrire un roman sans regarder quiconque et tenant son stylo avec fermeté. Je ne l’enviais pas parce que déjà pointait le retour à Paris. L’Eurostar c’est un peu le prolongement d’une rame de métro aérien avec 50 bornes à parcourir sous 75 mètres d’eau. Et moi je crois devoir renoncer au projet pas encore formulé d’écrire un jour de la littérature de voyage ; L’Usage du monde ça m’a toujours enquiquiné.

La paresse, ce raffinement

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Ce serait commode d’invoquer le calendrier 2018 pour justifier le silence de ces deux dernières semaines : chaque lundietmardi trop d’huîtres à ouvrir, de foie gras à dénerver, de dinde à plumer et de saumon à désintoxiquer. Pas le temps de lire dans la folie consumériste des fêtes de fin d’année ? Pas vraiment ! La vérité c’est que je n’ai jamais tellement aimé la bûche et que plusieurs livres sont passés entre mes mains sans autre finalité que le plaisir de les parcourir, comme ça, sans en rendre compte ni disséquer la phrase ou traquer l’imposture. Juste se contenter d’être Julien Sorel qui attrape la main de Madame de Rênal ou Molloy qui grimpe sur son vélo. Et redevenir soi. Paresseux ? Oui, au sens kesselien du terme. « On ne devient point paresseux. On naît avec la grâce. Il y faut du don, du talent. Et d’abord, ne pas offrir de prise à l’ennui. Pouvoir demeurer étendu des heures sans que la satiété ne vous effleure. Goûter dans le repos du corps l’essentielle des joies. Par l’immobilité, vaincre l’éphémère, les contingences, le désir toujours inefficace. Avoir le cerveau si vide ou si riche qu’il ne souffre point de l’inaction. »

Sobrement intitulé « La paresse », ce court texte de Joseph Kessel (1898-1979) est paru dans Les sept péchés capitaux (1929) aux éditions Kra, à l’initiative de Simon et Paul Kra, leurs directeurs. Un texte de commande dont l’auteur ne manque pas de souligner l’ironie besogneuse quand il rêve justement de l’inertie qu’il défend. « C’est d’ailleurs un supplice comique et raffiné que de se voir assis à une table, devant un encrier, sous le soleil, et de noircir, noircir, noircir du papier à tour de bras pour dénombrer avec conviction les charmes, les bienfaits et la grandeur de ne rien faire. »

Bien qu’il soit encore relativement jeune à cette époque, Joseph Kessel ne dissocie plus les voyages qu’il entreprend de la littérature qu’il écrit. Ce traité qui rassemble les souvenirs de ses excursions entre terres et mers prend la forme d’une enquête sur les expériences de la paresse à travers le monde, initiée au départ de Brest et qu’il mène jusqu’à Pékin, après des escales à San Francisco, Honolulu et Vladivostok. Né en Argentine d’un père médecin lituanien et d’une mère russe, l’auteur des Cavaliers (1967) avait entamé depuis la fin de la Première Guerre mondiale une double carrière de romancier et de grand reporter. Point de départ de son interrogation : pourquoi en Europe, et particulièrement en France, la paresse est-elle envisagée comme un défaut alors qu’elle représente partout ailleurs un instrument de volupté ?

Le mot lui-même, sa sonorité, semble agir chez Kessel comme le remède à tous les maux de la Terre : « Un mot a raison par lui-même sans que le sens intervienne. Or, quoi de plus séduisant et de plus loyal à la fois que celui de « paresse ». Ne le voyez-vous point qui s’étire, avec langueur, mais aussi avec franchise. Comme ses deux syllabes se fondent miraculeusement – la première claire, sonore, la seconde, étouffée, chantante et moelleuse – dans une harmonie où la vigueur et la nonchalance sont aussi précieuses l’une que l’autre ! » Que ce soit auprès de coolies chinois qui désertent définitivement le travail une fois gagnée la certitude de pouvoir obtenir un cercueil ou d’un guitariste hawaïen étendu sur la plage, partout il admire ce miracle oublié dans nos sociétés européennes de savoir se délivrer de toutes les contingences.

Un miracle, certes, mais aussi une religion, qui porte en elle ses rites et son lot de croyances. « Que celui-ci devienne ministre, que celui-là entre à l’Académie, que cet autre achète la moitié de Paris et charge de perles les gorges qu’il aime à caresser – le paresseux doit penser dans la sincérité de son cœur : « Vanité des vanités. J’ai mieux que tout cela. » Ainsi la paresse devient une religion, et se soumettre à elle, c’est prendre l’habit du plus rigoureux des ordres. » Citant des auteurs incontournables de la paresse – de Gontcharov (Oblomov) à Paul Valéry (La crise de l’intelligence) en passant par Somerset Maugham (L’Archipel aux sirènes) – Kessel l’encense comme une vertu à laquelle il faudrait savoir se rendre quand, dans notre course effrénée vers le diktat de l’efficacité, nous oublions comme il est doux de jardiner son loisir intérieur, laissant tranquillement s’écouler une journée « complète comme une belle vie. »