Le tournant clitoridien

par lundioumardi

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Le monde des SVT (sciences de la vie et de la terre) a connu un petit bouleversement éditorial ces derniers jours, à l’occasion de la réactualisation des manuels scolaires adressés aux collégiens pour l’année 2017-2018. Le clitoris, grand absent des schémas consacrés à l’anatomie et à la reproduction, va enfin trouver une juste représentation dans les manuels conçus par les éditions Magnard, restant le tabou sulfureux qu’il a toujours été chez les autres éditeurs de livres scolaires.

Tout simplement occulté ou relégué à un petit point de quelques millimètres alors qu’il fait en moyenne 10 centimètres, le « bouton de rose » du plaisir féminin, dont l’anatomie est connue depuis le XVIe siècle, était le seul organe « oublié » dans l’apprentissage du corps humain auprès de jeunes adolescents pourtant les premiers à être concernés ; eux qui de plus en plus tôt s’éveillent à la sexualité à partir d’une chaîne pornographique accessible sur leurs écrans, sans le moindre contrôle, et qui conçoivent la réalité d’un rapport sexuel à l’identique de ce qu’ils y voient.

L’initiative, saluée par le réseau de professeurs SVT égalité, tente de réparer selon certains les dégâts causés par la terminologie freudienne qui évoquait le « plaisir clitoridien », provoquant la suppression de cette partie du corps dans l’ensemble des encyclopédies. Une logique qui aurait largement participé à concevoir le désir et le plaisir féminins comme essentiellement cérébraux et non charnels. Un premier pas dont se félicitent de nombreux enseignants pour que berlingot, bonbon, clicli, cliquette, framboise et autre soissonnais trouvent enfin la place qui leur avaient été confisquée dans les modes de représentation.

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