Le Petit Benoît

par lundioumardi

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Un classique pour Macron, du théâtre pour Fillon et de la littérature étrangère pour Le Pen, cette semaine c’est au tour de Benoît Hamon de venir incarner un héros de la littérature, avec le registre jeunesse sous le coude pour revisiter cette cour de récréation qu’est le parti socialiste. Benoît Hamon et sa bande de copains, c’est finalement la reproduction des années plus tard des aventures du Petit Nicolas qui joue au foot et aux cow-boys avec Alceste, Rufus et Clotaire[1]. Bien des chamailleries conjuguent leurs journées mais, au soir du 29 janvier 2017, ils n’étaient pas mécontents d’avoir mis une bonne claque au méchant Eudes qui depuis ces cinq dernières années les menaçait d’un bourre-pif à coups de 49-3 pour imposer ses idées. Exit Manuel Valls, le Petit Benoît pouvait brandir haut et fier la tige épineuse de son « amie la rose ».

Depuis, on le voit au Havre escalader des grues, à la Porte de Versailles posant au côté de Fine – la vache star du Salon de l’agriculture – et, dimanche 12 mars, un avion l’emmenait en classe verte aux Antilles. Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire général du parti socialiste et authentique « Bouillon » dépassé par la turbulence de ses élèves, a beau tenter d’appeler au rassemblement et à l’apaisement, le Petit Benoît semble lui donner du fil à retordre avec ses velléités frontistes ; sans compter tous ces parents d’élèves qui menacent de foutre le camp dans le privé chez Emmanuel Du Roy Macron. Entre éducation nationale et instruction publique, le cours élémentaire façon PS peine à tirer son épingle du jeu.

Tout droit sorti de la grande section maternelle avec un stage d’observation en poche au gouvernement, le Petit Benoît est parvenu à se faire élire délégué de classe sur la base d’un programme en harmonie avec son temps, dans lequel il ne s’agit plus de préserver l’ouvrier à la mine ou l’industrie déclinante mais de réinventer la notion de travail autour du revenu universel et à l’unisson d’un monde robotisé. Seulement Clotaire en a eu un à noël de robot et il a promis que, s’il était élu président de la République, toute la classe pourrait jouer avec. Mais le Petit Benoît n’est pas dupe, il connaît les mesquineries de la vie politique et ses vicissitudes.

Depuis hier, il surfe sur la vague d’un nouvel écart de conduite de Geoffroy. Le fils à papa qui ne cesse de mentir et de se vanter, vient encore une fois de se faire épingler avec son baratin à tout le monde, vêtu de costumes à 48 000 euros payés par une émissaire, dont 35 500 euros en espèces. Pas de bol quand on lit dans la gazette de l’école la menace de fermeture qui pèse au-dessus du Tati boulevard Barbès. Ni une ni deux, entre deux papayes, le Petit Benoît s’est exprimé pendant sa classe de découverte guadeloupéenne : « Personne ne me fait des chèques pour me payer mes costumes. Mes costumes, je les achète moi-même et si possible pendant la période des soldes, cela me revient moins cher. » Ainsi le débat d’idées bat son plein tandis que, de leur côté, les rats envisagés la semaine dernière dans ce blog sont sans doute en train de broder nos uniformes…

[1] GOSCINNY René, Le Petit Nicolas, illustré par Jean-Jacques Sempé, 1960.

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