Pas si vite

par lundioumardi

apollinairelundioumardi

Courir après l’instant et sa mesure, après les livres qu’on a lus cette semaine sans avoir encore trouvé la minute pour en rendre compte ici. Se dire qu’après tout il ne doit pas y avoir de tyrannie dans la lecture – surtout quand il y en a déjà assez autour – et qu’il sera toujours temps de les évoquer la semaine prochaine ; eux ou ceux que j’ignore encore. S’interroger sur l’éventualité de rédiger rapidement une note avant ce soir minuit, heure à laquelle on aura basculé vers le mercredi, fermant la porte pour une durée de cinq jours avant le prochain Lundioumardi. Et puis conclure qu’une soirée de congés ce n’est finalement pas démériter même si, dans ces vers, Guillaume Apollinaire (1880-1918) n’a de cesse de vouloir nous prouver le contraire.

Allons plus vite

Et le soir vient et les lys meurent
Regarde ma douleur beau ciel qui me l’envoies
Une nuit de mélancolie

Enfant souris ô sœur écoute
Pauvres marchez sur la grand-route
Ô menteuse forêt qui surgis à ma voix
Les flammes qui brûlent les âmes

Sur le boulevard de Grenelle
Les ouvriers et les patrons
Arbres de mai cette dentelle
Ne fais donc pas le fanfaron
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite

Tous les poteaux télégraphiques
Viennent là-bas le long du quai
Sur son sein notre République
A mis ce bouquet de muguet
Qui poussait dru le long du quai
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite

La bouche en cœur Pauline honteuse
Les ouvriers et les patrons
Oui-dà oui-dà belle endormeuse
Ton frère
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite

 

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