À 30 euros le signe

par lundioumardi

lundioumardi

100 000 euros pour écrire 3 500 signes… cela signifie que Pauline Camille – nom de scène de Pénélope Fillon pour son œuvre de critique littéraire à La Revue des deux mondes – empochait près de 30 euros pour la seule virgule ou lettre tapotée sur le clavier de son ordinateur avec ses petits doigts. La tentation fut grande ce week-end de reprendre les articles publiés chaque semaine sur ce blog depuis plus de deux ans afin de comptabiliser les millions fictifs que je pourrais brasser avec mes petits doigts à moi si j’avais un tant soit peu d’entregent. Mais un chroniqueur de l’ombre qui verse dans l’amertume de ne pas avoir le destin de Pénélope Fillon, c’est le début de l’ennui croyez-moi !

La journaliste Delphine Legouté rappelle toutefois sur le site de l’hebdomadaire Marianne[1] que cette rémunération scandaleuse ne concernait pas uniquement les deux notes respectivement consacrées au romancier Lucien Azay et à l’essayiste William Marx en 2012. Marc Ladreit de Lacharrière avait en effet contacté la femme de l’ancien Premier ministre, au même titre que d’autres personnalités, parce que « c’est une femme intelligente, elle a lu beaucoup de livres. » Le patron de la holding qui détient la Revue et proche de la famille Fillon explique alors qu’en 2012 celle-ci traversait une mauvaise passe (la revue, pas la famille) et qu’un collège d’amis – payés 5 000 euros par mois ? – fut réuni pour envisager son devenir…

Chaque lecteur de la revue mensuelle débourse 15 euros s’il n’est pas abonné. Ainsi, près de 6 667 exemplaires ont été vendus pour la seule rémunération de Pauline Camille, avec ses deux colonnes publiées en toute fin de numéro et le développement d’une stratégie nébuleuse de renouveau pour l’avenir de La Revue des deux mondes dont on ignore encore le contenu et sans la moindre trace. Quoique … le mensuel titre actuellement « De quoi Fillon est-il le nom ? ». À droite de la photo figure cette célèbre citation de Winston Churchill : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. » Quelle ironie, on en rirait tellement c’est grotesque !

Relais incontournable de la vie intellectuelle et littéraire depuis 1829, la Revue accueillait en son temps des grands noms tels que Marcel Proust, Pierre Loti, Anatole Leroy-Beaulieu, etc., pour observer les transformations à l’œuvre dans notre monde. Aujourd’hui c’est Franz-Olivier Giesbert qui ouvre le dossier avec « François Fillon, l’homme des trois droites ». Les lecteurs peuvent donc être rassurés, Marc Ladreit de Lacharrière et ses copains de conseillers veillent au grain et au futur éditorial : moins de littérature, plus de démagogie, perquisition et malversations. Voilà sans doute de quoi il est le nom, leur candidat Fillon !

[1] Voir : http://www.marianne.net/voici-les-2-notes-100000eu-penelope-fillon-revue-deux-mondes-100249455.html

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