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Le blog fait par un lecteur, adressé aux lecteurs, pour parler de ses lectures

Mois : avril, 2016

Le cosmopolitisme par un observateur passionné

Lundioumardiunmondeétrange

Pour présenter l’auteur du livre de cette semaine, une option possible est le recours à la définition qu’il donne lui-même de l’ « observateur passionné » évoqué par Baudelaire dans « Le peintre de la vie moderne » (1863), « qui construit un monde d’idées à partir des évocations que suscite un objet, fournit la clef d’explication de la grâce par laquelle le critique réussit à se transformer lui-même au point de comprendre les lois d’organisation d’un objet inconnu. » Passionné, Olivier Remaud l’est sans aucun doute, mais son dernier ouvrage est surtout le résultat d’une longue réflexion sur la figure du cosmopolite, ce « naufragé » qui se prononce pour le dialogue entre les cultures[1].

Reprenant les nombreuses définitions et analyses qui ont fait la souche du cosmopolitisme en tant que concept ou idée à travers les siècles, le philosophe s’interroge sur cet « original » qu’est le citoyen du monde en tant qu’objet de désignations sociales mais également afin de mesurer le regard critique que celui-ci applique en retour à sa propre société. Une analyse réflexive novatrice et subtile qui permet d’appréhender une orientation singulière dans une époque instable. Méthodique, Olivier Remaud a fait le choix de cerner son sujet à partir des trois épisodes qui constitueraient la formation du cosmopolite, respectivement intitulés : « Solitudes », « Métamorphoses » et « Orientations ».

Les épisodes d’une transformation intérieure mûrie par des expériences : le mouvement, la part de l’étranger, la mise à l’écart du monde commun, le processus de familiarité avec d’autres cultures, la formation et la recherche d’accomplissement, la sensibilité à des codes nouveaux, les indispensables masques qu’il faut revêtir pour rebattre les cartes de la confiance ou encore « l’hygiène du franc-parler » et « l’éloge de la curiosité ». Le récit du parcours initiatique d’individus confrontés aux « situations-frontières » – selon l’expression forgée par Karl Jaspers et ensuite reprise par Hannah Arendt – « pour désigner la condition de l’être humain sans cesse obligé de tenir compte d’un passé qu’il n’a pas vécu et d’un futur qu’il ne vivra pas ».

La dernière partie du livre, la plus révélatrice une fois qu’il est possible d’identifier plus nettement la figure du cosmopolite qui ne « professe pas l’Humanité » mais l’ « exerce », permet à Olivier Remaud de poser avec la plus grande clarté la question de « Qu’est-ce qu’une époque ? » et de décomposer les difficultés de ses usages, telles que ceux entre le présent et l’actualité, le progrès et, de façon bien plus forte encore, à partir des enjeux liés à « La crise du langage ordinaire ». Sans jamais être idéologue ni démagogue, il lève à sa façon le voile, non pas sur une vision du monde, mais sur « un monde étrange » parmi d’autres et à partir d’un regard bien précis qu’est celui du cosmopolite. Outre la solidité du bagage philosophique qu’il expose, riche d’un corpus de textes minutieusement choisi, les multiples renvois à des textes plus littéraires constituent une sorte de fil rouge pour la lecture.

En effet, l’auteur précise lui-même dans son prologue que « Le romancier est un compagnon précieux dans cette enquête » et invite donc son lecteur à voyager auprès d’incontournables classiques qui donnent au texte une saveur toute particulière, allant de Musil à Rousseau en passant par Epictète, Melville, Baudelaire, Balzac, Defoe ou Fitzgerald pour ne citer qu’eux. Un recours qui participe à la promesse faite en quatrième de couverture de ne pas faire du cosmopolitisme une « doctrine abstraite » et de ressentir au plus près – à défaut de ne pouvoir y répondre totalement – cette interrogation de « Comment vivre avec soi-même et les autres quand les temps deviennent étranges ? »

[1] REMAUD Olivier, Un monde étrange. Pour une autre approche du cosmopolitisme, Paris, éd. Puf, 2015, 412 p. Olivier Remaud est maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales. Il a notamment publié Les archives de l’humanité. Essai sur la philosophie de Vico, Paris, éd. Seuil, 2004.

 

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L’amour sur Tinder et la génétique par Crispr

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Peut-on encore aujourd’hui faire l’économie de toutes ces rimes en « –eur » qui régissent chaque jour un peu plus le fonctionnement de l’homme, de ses sentiments, la manière dont il échange et l’avenir de son espèce ? Pas si simple et un récent article du supplément week-end des Échos, intitulé « Crispr – La découverte qui met la génétique en ébullition »[1], interroge une fois encore cette quête absolue du Progrès qui relègue la question de l’éthique au second plan.

Comme l’introduit Yann Verdo, auteur de cet article, tous les ingrédients sont réunis pour un bon thriller scientifico-juridico-commercial : une découverte génétique révolutionnaire, des start-up qui veulent développer un marché aux intérêts financiers juteux, des agents de la « Big Pharma » qui mettent leur grain de sel et deux puissantes universités (Berkeley et le MIT) réclamant la paternité de la découverte et la propriété de son brevet. Mais un peu de vocabulaire d’abord ! Crispr – prononcez « crispeur » – est l’acronyme anglais pour Clustered regularly interspaced short palindromic repeats, éventuellement traduisible par « Courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées ». À vos souhaits ! Il s’agit d’un mécanisme bactérien développé par un duo de chercheurs – Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna – pouvant « être détourné pour retoucher ou récrire le génome d’un organisme vivant. » Utilisé à bon escient, ce procédé devrait ainsi permettre de corriger nombreuses mutations responsables des maladies génétiques.

À l’heure actuelle, Crispr reste une sorte de gâteau pour lequel chacun réclame sa part. Récompensées pour leurs travaux en 2015 par la Breakthrough Prize Foundation, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna sont à deux doigts de se faire damer le pion par Feng Zhang, autre docteur Frankenstein mais du MIT cette fois, qui réclame l’antériorité de la découverte et sa paternité. Pendant ce temps, des biotechs américaines comme eGenesis ou Revivicor jouent à introduire des gènes humains dans des fœtus de cochons afin de développer des poumons transplantables à l’homme, d’autres sont parvenus à donner naissance à des vaches sans cornes et certains promettent de pouvoir éradiquer en deux ou trois ans une variété de moustiques vecteurs du paludisme, nous raconte l’article. Sans grand succès, des biologistes chinois ont enfin annoncé avoir utilisé Crispr en avril 2015 sur des embryons humains porteurs d’une grave maladie de sang.

Déclinant de façon plus précise et technique les nombreux enjeux liés à cette découverte, Yann Verdo conclut sur la « brûlante question éthique ». Si Emmanuelle Charpentier avance une technique insuffisante pour craindre les dérives à venir de Crispr, le chirurgien-urologue Laurent Alexandre est plus pessimiste : « La société est profondément transhumaniste. Les gens sont prêts à tout accepter pour moins vieillir, moins souffrir, moins mourir. […] Limiter l’eugénisme deviendra de plus en plus difficile. Aujourd’hui, 97 % des trisomiques sont avortés et cela ne choque personne. Dans une ou deux générations, les parents voudront que leur enfant naisse avec les bons variants génétiques de l’intelligence, ceux qui leur assureront un QI assez élevé pour résister à la déferlante de l’intelligence artificielle et trouver leur place dans la société de 2050. » Et moi, naïf, qui me demandais dimanche si toutes ces salades de maïs au poulet disposées dans des assiettes en carton sur les pelouses du parc Monceau contenaient OGM et autres antibiotiques … C’était sans compter que « –eur » rime aussi avec horreur.

[1] VERDO Yann, « Crispr – La découverte qui met la génétique en ébullition », Les Échos – week-end, n° 27, 15 et 16 avril 2016, pp. 33-37.

 

L’oisiveté en quelque 5 000 mots

Russelllundioumardi

Cette semaine Lundioumardi renoue avec l’un de ses thèmes de prédilection : la critique du travail, à partir d’un court texte consacré à l’oisiveté. Son auteur, Bertrand Russell (1872 – 1970), était un philosophe et mathématicien anglais réputé pour ses théories de logique moderne mais également pour ses positions contre la religion et ses développements séculiers, contre les usages militaires du nucléaire dans la droite ligne de ses engagements antimilitaires, et défenseur de ce que l’on pourrait nommer un certain anticonformisme, largement favorable à la liberté sexuelle qu’il pratiqua dans sa propre vie – c’est qu’en près d’un siècle d’existence, des guerres et des femmes, il en a connues ! Dès le premier paragraphe de son Éloge de l’oisiveté, cet écrivain prolixe confessait un des paradoxes qu’il observait dans son propre parcours :

« Ainsi que la plupart des gens de ma génération, j’ai été élevé selon le principe que l’oisiveté est mère de tous vices. Comme j’étais un enfant pétri de vertu, je croyais tout ce qu’on me disait, et je me suis ainsi doté d’une conscience qui m’a contraint à peiner au travail toute ma vie. Cependant, si mes actions ont toujours été soumises à ma conscience, mes idées, en revanche, ont subi une révolution. »[1]

Près de 50 ans après Le droit à la Paresse (1883) écrit par Paul Lafargue[2], Russell s’interrogeait sur l’idéologie travail en tant que système d’oppression imposé par les élites, elles-mêmes obsédées par le maintien de leurs privilèges oisifs sur le dos de la classe laborieuse. Après un bref rappel historique des progrès liés à l’industrialisation – complété par une critique de la révolution russe de 1917 – l’auteur distinguait deux types de travail : « le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière se trouvant à la surface de la terre, ou dans le sol même ; le second, à dire à quelqu’un d’autre de le faire. […] Le second type de travail peut s’étendre de façon illimitée : il y a non seulement ceux qui donnent des ordres, mais aussi ceux qui donnent des conseils sur le genre d’ordres à donner. » Au début des années 1930, Russell prévoyait donc déjà la figure du manager et autres déclinaisons de ces petits-chefs formés pour ordonner et non pas créer. Sans oublier les deux satellites pour assurer la pérennité dudit système : le politique et le propriétaire foncier.

Ces rapports de force qui organisent le travail deviennent pour l’auteur la pierre angulaire de tout ce qui ne fonctionne pas dans une société moderne où « la morale de l’État esclavagiste » est parvenue à faire accepter au plus grand nombre « […] une éthique selon laquelle il était de leur devoir de travailler dur, même si une partie de leur travail servait à entretenir d’autres individus dans l’oisiveté. » Une soumission à l’autorité à laquelle Russell oppose le mirage de la journée de 4 heures, avec un contrôle central de la production qui régulerait les inégalités, harmoniserait les rapports sociaux en signant la mort du « culte de l’efficacité » pour des individus libres d’occuper leur temps aux loisirs. L’occasion pour lui de dénoncer une consommation passive du temps libre, directement engendrée par la fatigue nerveuse et la lassitude du travailleur qui n’a plus la capacité suffisante pour enrichir la curiosité tant vantée par les oisifs du siècle des Lumières.

À refermer cet éloge, pas le moindre doute subsiste que l’avenir n’a pas écouté les consignes de Bertrand Russell. Plus que jamais, la notion de « devoir » reste le moyen employé par les « puissants pour amener les autres à consacrer leur vie aux intérêts de leurs maîtres plutôt qu’aux leurs. » Reprenant à son compte l’exemple d’Adam Smith de la production d’épingles et dénonçant les travers du régime soviétique ayant érigé le travail en dogme, Russell reste malgré tout très lacunaire dans le réveil des consciences entrepris dans son texte. Balayant le sujet de l’otium en quelque 5 000 mots, il est resté fidèle à sa méthode de vulgarisation des concepts pour être accessible au plus grand nombre : une lecture qui ne manque pas d’interpeller, d’interroger le rapport au temps, de rassurer les dépensiers compulsifs et de moquer les épargnants, mais dont il ne faudrait surtout pas se contenter quand on se démange de savoir si, lui-même, n’aurait pas écrit ce texte en 4 heures pour ensuite se livrer à sa propre oisiveté. Cela n’en est que plus délectable.

[1] RUSSELL Bertrand, Éloge de l’oisiveté, Paris, éd. Allia, 2015. Le texte parut pour la première fois en 1932 dans la Review of Reviews sous le titre original « In Praise of Idleness », repris dans un recueil d’essais éponyme, publié en 1935.

[2] Voir : « Bonjour Paresse ! », Lundioumardi, 3 mars 2015. https://lundioumardi.wordpress.com/2015/03/03/bonjour-paresse/

Bergen-Belsen, témoignage d’une Romni

LundioumardiStojka

La littérature et les témoignages de la guerre – ou des guerres – ne font pas automatiquement bon ménage mais occupent toujours davantage les étals des librairies. Raconter les évènements à la façon d’un historien ou les romancer n’a rien de neuf et il suffit de lire une vingtaine de pages écrites par Tolstoï pour se le rappeler. De la même façon, Victor Hugo a consacré un long chapitre des Misérables à la bataille de Waterloo pour enrichir les tribulations de ses personnages, au risque de paraître laborieux à des lecteurs pressés, parce que cela demeurait indispensable au bon déroulement de son intrigue. Plus récemment, Sofi Oksanen poussa l’exercice à inverser le jeu en utilisant la fiction pour dénoncer une réalité historique trop méconnue et parvint à son magistral ouvrage intitulé Purge (2008), retraçant cinquante années de l’histoire soviétique de l’Estonie. Mais depuis une décennie environ, une mode très critiquable a transposé le récit de la guerre en sujet de littérature, avec ses succès et ses catastrophes d’écriture, d’authenticité, de démagogie et aussi de révisionnisme. Parce que comme les nombreux domaines qui deviennent une entreprise, celui de la Mémoire avec un grand « M » offre à boire et à manger. La critique qui entoure Les Bienveillantes (2006) de Jonathan Littell en est la parfaite illustration.

Un exemple de réussite est le témoignage livré par Ceija Stojka (1933-2013)[1], des quatre mois qu’elle a passés dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne, au début de l’année 1945. Née en Styrie (Autriche) dans une famille de marchands de chevaux rom, elle fut déportée pendant la guerre dans plusieurs camps avant d’être libérée par les soldats britanniques, avec sa mère et quatre de ses frères et sœurs au mois d’avril 1945. En posant un œil sur Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen-Belsen, un nauséeux réflexe vient démanger l’esprit pour redouter cet énième récit de l’horreur des camps qui n’aurait d’autre but que d’exploiter un filon lucratif. Grossière erreur quand le livre en question brille par ses qualités littéraires et la singularité des thèmes qu’il aborde.

Les entretiens entre Ceija Stojka et Karin Berger se déroulèrent en 2004, c’est-à-dire près de soixante ans après les évènements racontés. Une langue plus mature, âgée même, aurait coulé de source mais c’est avec une incroyable juvénilité que l’auteur dépeint les abominables conditions d’existence qu’elle et les siens vécurent à ce moment. À nouveau, Ceija Stojka semble avoir 11 ans, munie cette fois d’un papier et d’un crayon pour décrire en temps réel ses souvenirs de l’horreur : manger la laine des vêtements et les lacets de chaussures pour ne pas se livrer au dépeçage des entrailles des cadavres qui l’entourent, boire la pénultième goutte d’eau déposée par le brouillard sur les fils barbelés cernant le camp et trouver n’importe quelle façon de sourire un peu, même si cela doit être devant le visage grotesque d’un mort. « On disait : « Regarde celui-là, il a la bouche de travers ! Il a dit qu’il ne veut pas aller au paradis. Il veut aller en enfer parce qu’il fait chaud là-bas. » Alors le Burli rigolait. C’est comme ça qu’on se soutenait mutuellement, avec le Schmäh[2]. »

L’autre histoire, la seconde force du livre, réside dans l’appartenance rom de la narratrice et de sa famille. Comme le rappellent très justement les éditions Isabelle Sauvage, très peu de témoignages des rescapés tziganes existent ; malgré le passage d’une transmission orale de la culture et de la tradition à la langue romani depuis quelques décennies. Écrite en allemand – la langue de ses bourreaux mais aussi de son pays d’origine – l’histoire de Ceija Stojka est parsemée du vocabulaire et des habitus de sa communauté, y compris lorsque tous convergèrent à la Libération vers le camp rom sous le pont d’Urfahr (Vienne) pour se retrouver les uns les autres ; l’effervescence d’en être sorti vivant laissait alors place au triste décompte de ceux qui n’en sont pas revenus. Et comme si cela ne suffisait pas, s’ajoutait l’hostilité des Gadjé – les non-Roms – reprochant leur présence aux survivants : « Dans notre propre pays, il y en avait tellement qui nous regardaient de travers. Ils ne disaient rien, mais le numéro était toujours visible, on le voyait bien. Ils se demandaient : « Pourquoi elles ont survécu celles-là ? Pourquoi elles sont de retour ? » Mais malgré ça, on ne serait jamais allées ailleurs. »

Témoignage poignant de ces oubliés de l’histoire, Je rêve que je vis ? pose ainsi les jalons d’une recherche inaboutie, voire inentamée, des massacres de la Seconde Guerre mondiale du point de vue d’un narrateur qui alterne à merveille entre la naïveté d’une enfant tzigane et l’adulte confronté à son travail de mémoire des décennies plus tard. Une Ceija Stojka qui, lorsqu’elle recouvre ses 71 ans le temps de quelques lignes, nous dit : « Toujours, quand je vais à Bergen-Belsen, c’est comme une fête ! Les morts volent dans un bruissement d’ailes. Ils sortent, ils remuent, je les sens, ils chantent, et le ciel est rempli d’oiseaux. C’est seulement leur corps qui gît là. Ils sont sortis de leur corps parce qu’on leur a pris la vie violemment. Et nous, nous sommes les porteurs, nous les portons avec notre vie. »

[1] STOJKA Ceija, Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen-Belsen, éd. Isabelle Sauvage, trad. de l’allemand (Autriche) par Sabine Macher, 2016. L’ouvrage a été publié originellement en 2005 sous le titre Träume ich, dass ich lebe ? Befreit aus Bergen-Belsen, à Vienne aux éditions Picus Verlag. Écrivain, peintre et musicienne, Ceija Stojka a reçu plusieurs distinctions, dont le prix Bruno-Kreisky pour le livre politique en 1993. Le livre dont il est question dans ce compte rendu est le premier traduit en français et est la transcription d’un entretien avec la cinéaste Karin Berger.

[2] « Le Schmäh est l’humour de Vienne, caustique, aimable et roublard. Il emprunte souvent la forme du dialogue et n’a pas de chute comme la blague monologue. » Traduction de Sabine Macher.