Blog en pause, do not disturb

par lundioumardi

lundioumardi

Ce repos hebdomadaire n’en est pas tout à fait un puisqu’il s’agit d’évoquer ce sujet ô combien discutaillé de la rentrée littéraire. Comme chaque année le marketing est à l’œuvre dans l’attente du jour J : articles de presse, blogs en ébullition, libraires suintant sous les piles de cartons à soulever, écrivains sous bromazépam, éditeurs nourris au zolpidem et j’en passe. 589 ouvrages attendus sur les tables, pour seulement 64 auteurs qui « entrent en littérature » pour la première fois, et dont la plupart espèrent monter la marche supérieure qui recouvrira leur « bébé » – il faudra écrire un texte un jour sur l’emploi absurde de ce terme – du fameux bandeau rouge. Parce que ne l’oublions pas, la rentrée littéraire est aussi le premier élagage avant le spectacle des prix littéraires décernés à partir de la première semaine de novembre qui, in fine, détermineront des ouvrages déposés au pied de nos beaux sapins de décembre. Sachant qu’un lecteur moyen en France lit 15 livres par an, il lui faudrait près de quarante années pour venir à bout de cette offre annuelle…

On ne manquera pas de regretter que « c’est bien dommage » mais c’est ce que je retiens d’une rentrée littéraire : l’idée que l’écriture et la lecture soient contingentes à un temps fort du calendrier, toujours le même et dans une mécanique bien huilée. Je parviens à me réjouir de l’effervescence qui règne alors dans les librairies, quand elles ont encore la liberté d’exposer ce qu’elles souhaitent, selon des choix audacieux quant au travail éditorial qu’elles soutiennent – les « grandes maisons d’édition » étant de plus en plus frileuses à risquer le pari d’un auteur inconnu, privilégient davantage la sécurité et la garantie associées à un « nom ». Bref, comme le disait déjà en son temps le cynique Aurélien Scholl (1833 – 1902) : « La littérature, quand elle n’est pas un art, est au moins une profession libérale. » Sur ce, bonne rentrée à ceux qui en ont une !

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