lundioumardi

Le blog fait par un lecteur, adressé aux lecteurs, pour parler de ses lectures

Mois : mai, 2015

Fred Deux, coryphée d’une poésie de la rue

Perruque(C)

Avec Entrée de secours (2007), les éditions « Le Temps qu’il fait » ont entrepris le travail remarquable de faire rejaillir pour le plus grand nombre les ouvrages de Fred Deux, auteur atypique et malheureusement trop peu connu de notre patrimoine littéraire. Georges Monti et son équipe poursuivaient ainsi la réédition de son œuvre avec La Gana en 2011, premier tome d’une série de récits largement inspirés par la vie de l’auteur, dans lequel on rencontrait le personnage d’Alfred, morpion à la fois contemplatif et désabusé de l’univers sordide mais touchant d’une famille, évoluant au fond de la cave d’un immeuble de la banlieue parisienne[1].

Tout était déjà si bien posé : le cadre, les personnages et surtout la langue de Fred Deux – musicale et insolente. On quittait Alfred au matin de son adolescence, avec le seul regret de devoir s’en séparer. Mais depuis un mois, les retrouvailles peuvent être consommées avec la sortie en librairie de la suite chronologique de son histoire intitulée La perruque[2], dans laquelle on retrouve Alfred – devenu Jean – âgé de 15 ans et s’apprêtant à travailler à l’usine – comprendre percer des trous dans du béton. Un sort bien peu enviable dont il ne saurait se satisfaire, l’autorité n’ayant jamais été l’apanage de cet esprit irrévérencieux :

« Il y a tellement de place pour les gens dispos, les gens confiants et les gens obéissants, pourquoi ne trouverais-je pas un boulot où l’envers me serait offert ? Je songe immédiatement à bandit. Ce n’est pas une profession, mais ça doit être plus chouette que de marner à l’usine. Toujours sous les ordres. »

Mais La perruque est aussi l’histoire en filigrane de la France de juin 1940, envahie par les Allemands – les « coupeurs de paluches » – et que Jean va devoir fuir en arpentant les routes, aux côtés de sa mère et de sa grand-mère qui le suivent après la fuite du paternel. Un drame pour les deux femmes mais un souffle nouveau pour le jeune homme qui appréhende cette guerre comme l’occasion inespérée de rompre une bonne fois pour toutes avec la crasse humide de la cave et le no man’s land de son décor habituel :

« Ne voit-elle pas [la mère] que je suis énervé, que je sens la liberté malgré la guerre et qu’à pleines narines j’avale l’air nouveau ? »

« Nous sommes paraît-il en pleine guerre. Même la guerre n’a rien changé me dis-je. J’espérais secrètement des carnages, des incendies, des bouleversements et voilà qu’en pleine guerre on bouffe des beignets, on attrape la chaude-pisse, on en a marre de vivre. Personne ici ne ressent la même détresse que moi. Ils ont tous des ennuis de pèze. Mais le pèze, ça me semble le plus facile à se procurer. C’est d’être joyeux qui paraît difficile. »

D’une maturité à la fois vertigineuse et déroutante, l’adolescent apprend à exercer le métier d’homme dans une fuite vers des rêves souvent déçus mais inséparables de l’expérience poétique. Beaucoup d’alcool nécessairement mais de la piquette ; de sexe mais sur un tas d’ordures et avec le risque d’une chaude-pisse ; quelques plaisirs mais toujours volés. Tel est l’univers que Fred Deux continue de nous dépeindre avec son talent à pouvoir faire ressortir de la nébuleuse chaotique et cruelle, la plus douce des poésies. La question du langage est ici incontournable ; l’auteur jongle avec les « mots de la rue » selon une orchestration qui lui confère un style totalement inédit, déroutant aussi. Pas question chez lui de « regarder », de « travailler » ou de « partir » : on « gaffe », on « gratte » et on « se débine » ! La ponctuation également n’est jamais laissée au hasard :

« La mère a encore dans la tête le « on dirait », que je peux finir moi-même par « on dirait … l’oncle ». Ne peut-on pas laisser tranquille ce pauvre mort ? Il est crevé depuis des années et pourri, mère, il ne nous « emmerde » plus … Il ne « vous » emmerde plus, car moi, il ne m’a jamais emmerdé. D’ailleurs, vous non plus. Alors pourquoi « on dirait » ? Je suis un mélange de vous tous, un amalgame de chairs, de crasse, de cris, de saloperies qui me soulèvent le cœur depuis que le « on dirait » a cané. »

Dans ce deuxième tome d’une série de quatre, le personnage de Fred Deux nous quitte à l’endroit où on l’avait retrouvé : sur le chemin de l’usine. Pour la suite, espérons que les lecteurs seront assez nombreux puisque la réédition de cette œuvre savoureuse compte aussi beaucoup sur leur participation.

« Vivre pour mourir. Ma première vraie pensée ! Dans le compartiment, je pelote un cul. Je l’ai touché machinalement. Nous vivons tous machinalement. Mince de vie. Correspondance. Voie unique. Arrivé à destination, l’écluse et ensuite je me dirige vers l’usine. De loin, ça a l’air si meurtrier, si caserne. On étouffe rien qu’en la voyant. Pourtant, j’y retournerai comme un amant chez sa maîtresse. »

[1] Voir « Dans les limbes poétiques de La Gana », Lundioumardi, 26 janvier 2015. Également dans cet article, des informations plus précises sur la biographie de Fred Deux.

[2] Lors de la première édition des livres de Fred Deux – sous le nom d’emprunt de Jean Douassot – par la voie de Maurice Nadeau, Sens inverse (1963) faisait suite à La Gana (1958) avant La perruque (1969). Les éditions Le Temps qu’il fait ont choisi quant à eux de respecter l’ordre chronologique de l’histoire racontée par l’auteur et de faire suivre La perruque à La Gana. Deux Fred, La perruque, éd. Le Temps qu’il fait, 2015 (18 euros).

Albert Cossery contre l’homme pressé

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Dans un des derniers entretiens qu’il a accordé au Magazine littéraire en novembre 2005, Albert Cossery déclarait : « J’aimerais qu’après avoir lu un de mes livres, les gens n’aillent pas travailler le lendemain, qu’ils comprennent que l’ambition de vivre est suffisante, que nulle autre ambition ne vaut ! ». Cette ambition fut pour lui un art de vivre mais aussi un acte d’irrévérence pour se libérer de toutes les formes de possession et d’aliénation – lui qui ne s’est jamais levé avant midi pour sortir ensuite au café, lire le journal et contempler les vanités humaines : « Lorsqu’on a découvert l’imposture dans laquelle vit le monde, la seule révolte possible c’est la dérision », disait-il encore.

Né au Caire le 3 novembre 1913 (1913 encore …[1]), Albert Cossery a grandi dans un milieu modeste et peu cultivé, déterminant pour la philosophie de vie du grand écrivain qu’il allait devenir : son père était parvenu à faire vivre la famille grâce aux revenus de ses terres, sans jamais avoir à travailler. Une façon d’envisager l’existence que l’auteur qualifie lui-même d’ « orientale » et dont les récits sont largement inspirés. Cossery a commencé à lire très jeune, des classiques dès le départ : Molière, Beaumarchais, Stendhal. Des lectures auxquelles l’écriture emboîte le pas avec des nouvelles publiées dans des revues du Caire, à l’âge de 17 ans. Très vite repéré par Henry Miller qui veilla à le faire publier aux Etats-Unis, Albert Cossery a néanmoins choisi la France pour exercer son talent qui consiste à ne rien faire – écrire des livres accessoirement. Paris plus que la France si on veut être précis. Saint-Germain-des-Prés plus que Paris pour ne pas manquer de rigueur. La rue de Seine si on est tatillon. En 1945 il s’installe dans le petit hôtel La Louisiane, qu’il quittera seulement le 22 juin 2006 « pour cause de décès », à l’âge de 94 ans[2]. Dans ce quartier bouillonnant des années 1950, il se lie d’amitié avec Albert Camus, Jean Genet, Roger Nimier ou encore Laurence Durrell. Quartier mythique devenant quartier échoué et bafoué au fil des ans, il n’a pourtant jamais abandonné le navire, toujours tiré à quatre épingles et souvent en charmante compagnie.

Dans le cas d’Albert Cossery, il n’est pas nécessaire de tergiverser pendant des heures pour comprendre que l’œuvre est indissociable du bonhomme : huit romans en tout, auxquels s’ajoutent quelques nouvelles, résumons cela à une moyenne d’un livre par décennie. Lui disait plutôt « une ligne par jour » et à condition qu’elle soit parfaite. Le style a été l’une de ses grandes préoccupations et si les mauvaises langues ne voient que de « minces romans », c’est qu’elles négligent qu’aucune phrase chez lui n’est à jeter au rebut. Auteur égyptien qui écrit en français, Cossery a gardé de son pays natal le terrain de prédilection de ses récits (le Caire, Alexandrie, Damiette ou encore le désert) et les mentalités orientales qui animent ses personnages. Un choix qui lui permet de mettre en relief la folie de notre monde occidental et de sa course effrénée vers toujours plus de productivité et d’efficacité.

La lutte contre le travail devient son cheval de bataille : « Ne travaillez jamais ! » semble t-il nous murmurer à l’oreille quand on le lit. Mendiants et orgueilleux (1955) a été considéré comme son plus grand succès mais c’est dans Les fainéants dans la vallée fertile (1948) que la critique sociale de Cossery s’exprime le plus nettement. Hafez est un patriarche qui vit dans une maison relativement insalubre auprès de ses trois fils et de Hoda, la servante. Une seule règle gouverne la maison : être le meilleur dormeur possible et s’encourager les uns les autres dans cette vocation. Malheureusement, deux menaces vont mettre en péril cet équilibre : malade, le vieux Hafez souhaite se remarier sans vraiment mesurer les conséquences d’une nouvelle présence féminine entre les murs. Mais surtout, Serag, le plus jeune des fils, semble atteint d’un syndrome étrange puisqu’il souhaite travailler :

« Serag avait entendu dire que les hommes travaillaient, mais c’était seulement des histoires qu’on racontait. Il n’arrivait pas à y croire complètement. Lui-même n’avait jamais vu un homme travailler, en dehors de ces métiers futiles et dérisoires qui n’avaient dans son esprit aucun attrait valable. C’était pourtant un désir ancré en lui depuis longtemps […] »

Dans cette histoire qui revêt la forme d’un conte philosophique, Cossery fait du travail un absolu chimérique représenté par le chantier d’une usine en construction que Serag visite chaque jour avec l’espoir d’y entrer un jour. Un rêve que l’auteur rend toujours plus illusoire dans le contraste opéré avec le reste de la famille qui ne cesse de toujours mieux « réussir » dans le sommeil, seul objectif social qui soit noble. Totalement subversif, le texte finit par mettre en échec la quête de Serag, happé par la langueur des siens :

« Serag eut un long bâillement ; Hoda le regarda et se mit elle aussi à bâiller. Puis ils se serrèrent l’un contre l’autre et s’endormirent, indifférents au labeur forcené des hommes, sous le lent regard des étoiles paresseuses. »

[1] Voir « Existe t-il des années charnières ? », Lundioumardi, 14 avril 2015.

[2] Depuis plusieurs années déjà, Albert Cossery n’était presque plus capable de parler suite à une opération du larynx.

Gérard Genette ou l’art de tourner la langue dans sa bouche

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Gérard Genette confesse volontiers avoir voulu, tout au long de sa carrière, apprivoiser le temps et l’espace. Il garde une mémoire précise des lieux auxquels il fait référence tandis que les dates lui échappent totalement – pas si étonnant pour quelqu’un qui avait d’abord envisagé le métier de géographe, puis de cinéaste, avant de devenir homme de Lettres. Le temps comme un repère, voire une obsession, expliquerait alors cette rigueur à publier des séries de livres à un rythme triennal. La dernière n’échappe pas à cette règle : Bardadrac en 2006, suivi de Codicille en 2009, Apostille en 2012 et Épilogue en 2014. Un léger écart pour le dernier donc, comme une course après le temps que l’auteur, âgé de 85 ans, n’a pas laissé au hasard : l’épilogue intervient non pas comme une suite mais davantage comme une réflexion a posteriori sur les trois précédents ; d’autre part, Genette souhaitait prendre congé d’un exercice et de ses lecteurs dans des conditions intellectuelles propices.

Il n’est pas simple de catégoriser cet auteur et l’abondante production littéraire qui est la sienne : entre théoricien de la littérature, critique mais aussi poète, son œuvre est à la fois atypique et inclassable. Normalien, agrégé de lettres, il débute sa carrière à l’École des hautes études, grâce au soutien de Roland Barthes qui encourage sa nomination. Il acquiert rapidement une reconnaissance académique pour ses analyses structuralistes sur les mécanismes internes du récit et de son discours – narratologie – notamment développées dans Figures (1972 – 2002) et son concept de « transtextualité », c’est-à-dire les relations secrètes ou révélées d’un texte avec un autre, sa transcendance[1]. Des travaux qui ont fait de lui un chef de file de la « nouvelle critique » amorcée dans les années 1960 et dont Roland Barthes avait été l’instigateur.

Tout cela paraît bien sérieux et ne reflète pas deux autres aspects de Gérard Genette : sa tendresse et son humour, au cœur des quatre livres qui nous intéressent aujourd’hui. Conçus comme des dictionnaires, les trois premiers regroupent des réflexions et des rêveries songées par l’auteur pour regarder son époque, ironiser sur elle, mais sans aigreur et parfois même avec mélancolie. Le quatrième emprunte les mêmes chemins mais sous une forme différente puisque l’abécédaire laisse place à des fragments séparés par des astérisques. Observateur attentif de la langue et de ses représentations, Genette poursuit une tradition qui remonte à Montaigne, en passant par Flaubert (Dictionnaire des idées reçues) et, plus récemment, à Perec (Je me souviens). Barthes, encore une fois, n’est jamais loin : les Mythologies (1957) pour le contenu et Roland Barthes par Roland Barthes (1975) pour le rangement alphabétique – Deleuze aussi, peut-être, pour son interview filmée selon cette même contrainte alphabétique.

Un héritage ou une lignée dont l’attachement à la langue est le dénominateur commun. Parfois pour ressusciter des mots en proie à la déshérence (« Béguin », « Cogitum » ou « Tradéridéra ») au profit de tics de langage et de prononciation aussi insensés que stupides mais qui sont désormais légion. L’entrée « Médialecte » – mot chimère qui renvoie directement au cynisme dont Flaubert usait déjà dans son dictionnaire – est à ce sujet édifiante de bon sens et sert de fil rouge à l’ensemble de la série :

« Miroir et modèle de notre sous-culture dominante, il (le médialecte) devient peu à peu la langue de bois de tous, et les médias sont aujourd’hui notre Port au Foin (sans foin, sinon au sens familier du mot), à quoi l’on peut, avec la dose de fausse mauvaise humeur et de vraie mauvaise foi propre à toute satire, attribuer toutes les turpitudes verbales du monde actuel. »[2]

De nombreux domaines sont ainsi explorés (peinture, géographie, architecture, musique, littérature, etc.) à partir de la mémoire individuelle de Genette qui rejaillit sur le sens collectif : ce qu’il a vu, lu et entendu. Un langage passé au peigne fin pour photographier notre époque dans la terminologie qui est la sienne, incarnée par une confusion des mots et de leur sens. Seul regret : l’absence du fameux « Y a pas de souci » qui ne cesse de me hérisser le poil mais il y a déjà bien assez à faire en butinant dans ces quatre tomes qui ne manqueront pas de vous faire tourner la langue dans votre bouche avant de parler.

[1] Théorie développée dans Palimpsestes – La littérature au second degré (1982).

[2] Bardadrac.

Désœuvrement et lecture

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Pour des raisons diverses, la semaine précédente s’est écoulée sous le ciel du désœuvrement, du découragement, d’une mélancolie brumeuse. Des journalistes ont reçu des coups de parapluie pendant que des femmes nues étaient brutalement muselées, la ministre de l’Éducation nationale a, une fois encore, porté un coup sévère à l’enseignement de nos chérubins désormais dispensés des chemins de la culture classique : adieu version latine et dissertation, bonjour l’école centre d’animation. Et puis, il y avait cette fête du travail que je n’ai jamais comprise, célébrant une façon de vivre devenue idéologie selon laquelle travail et accomplissement de soi sont désormais indissociables.

Alors, dans cette interminable semaine, seul Nietzsche me semblait une source possible de réconfort, grâce à son insatiable vigueur et l’intensité de sa pensée. Avec témérité, la lecture de Nietzsche a le don de replacer l’individu au centre d’une volonté esthétique, morale et intellectuelle, contre les confusions collectives et les diktats institutionnels. Livre de formation, Humain, trop humain (1878) est un plaidoyer en faveur des esprits libres, appelés à « raisonner » par eux-mêmes, et qui s’insurge contre les hiérarchies préconçues de nos sociétés contemporaines :

« C’est parce que nous avons, depuis des milliers d’années, regardé le monde avec des prétentions morales, esthétiques, religieuses, avec une inclination, une passion ou une crainte aveugle, et pris tout notre saoul des impertinences de la pensée illogique, que ce monde est devenu peu à peu si merveilleusement bariolé, terrible, profond de sens, plein d’âme ; il a reçu des couleurs – mais c’est nous qui avons été les coloristes : l’intellect humain a fait apparaître cette « apparence » et transporté dans les choses ses conceptions fondamentales erronées. »[1]

La liberté, ce n’est pas la préoccupation de Michel Houellebecq – deuxième lecture de ma morne semaine. Son dernier livre le réitère de façon décevante[2], à peine drôle et tout juste cynique, comparé à Rester vivant (1991)[3]. Il y a 24 ans, Michel Houellebecq appartenait déjà à la tranche des « déclinistes » et savait écrire. La liberté ne l’intéressait pas – à dire vrai il n’y a jamais cru – mais il se souciait davantage de « vérité », c’était sa marotte. Dans ce court texte qui n’est pas sans rappeler les Lettres à un jeune poète de Rilke, le chétif essayiste décline les règles à suivre pour écrire des vers et supporter un monde qui l’écrase : solitude, souffrance, haine de soi, alcool et surtout … aucune culpabilité. Croyez-le ou non, c’est jouissif et d’une « vérité » implacable :

« Toute société a ses points de moindre résistance, ses plaies. Mettez le doigt sur la plaie, et appuyez bien fort. Creusez les sujets dont personne ne veut entendre parler. L’envers du décor. Insistez sur la maladie, l’agonie, la laideur. Parlez de la mort, et de l’oubli. De la jalousie, de l’indifférence, de la frustration, de l’absence d’amour. Soyez abjects, vous serez vrais. ».

Un programme qu’il a suivi de façon plus ou moins réussie et dont les arguments se démontent un à un mais qui ne manque pas d’interroger de la manière suivante : qu’est-ce donc le vrai et a t-on envie de s’y frotter ? « Libre » et « authentique » appellent les deux auteurs … un souvenir aujourd’hui disparu ? Pas tout a fait puisque – troisième lecture – il y a Gérard Genette qui a « épilogué » en 2014 une série de livres que l’on pourrait qualifier d’unique en son genre. Mais comme « reconstruction et lecture » est un sujet en soi, il faudra attendre le prochain Lundioumardi pour faire en sorte d’aller mieux…

[1] NIETZSCHE Friedrich, Humain, trop humain, « Des choses premières et dernières », paragraphe 16.

[2] HOUELLEBECQ Michel, Soumission, Paris, éd. Flammarion, 2015.

[3] HOUELLEBECQ Michel, Rester vivant, Paris, éd. La découverte, 1991.