Demain, demain, toujours demain …

par lundioumardi

lundioumardiprocrastination

Il aurait été contre nature de rendre compte en temps et en heure du livre qui va suivre. Cela aurait même été une offense à cette noble activité qu’est la procrastination. En retardant sa publication hebdomadaire, Lundioumardi n’a fait que se plier aux exigences de la philosophie défendue par John Perry – professeur émérite à l’université de Stanford en Californie – dans son petit traité intitulé : La procrastination – L’art de reporter au lendemain[1].

Dans cet ouvrage, l’auteur s’adresse à tous les procrastinateurs invétérés, adeptes des to-do list ou autres listes bâties à la seule fin de pouvoir en rayer les mentions avec la satisfaction du devoir accompli. Sauf que dans nos sociétés, où l’efficacité est érigée en modèle de vertu, il n’est pas de bon ton de musarder à autre chose que pour les priorités dites utiles qui patientent souvent avec sévérité. Qu’à cela ne tienne, John Perry dresse un plaidoyer rassurant en faveur de la « procrastination structurée » appelée à déculpabiliser ces « individus capables d’accomplir beaucoup de choses tout en négligeant d’en accomplir d’autres. » Parce qu’un procrastinateur qui s’assume et contrôle son trait de caractère est finalement capable d’abattre une somme de travail considérable.

Avec humour[2], John Perry s’intéresse également aux pendants de la procrastination : la mauvaise foi, le rangement de son bureau, le perfectionnisme ou encore les bienfaits du travail en équipe.

« Il n’aura pas échappé au lecteur attentif que la procrastination structurée requiert une bonne dose de mauvaise foi, puisqu’elle repose sur une constante arnaque pyramidale contre soi-même. Il s’agit d’éviter des tâches à l’importance exagérée et aux délais irréalistes, en se persuadant qu’elles sont véritablement décisives et urgentes. Facile, dans la mesure où presque tous les procrastinateurs ont un talent particulier pour se mentir à eux-mêmes. »

Alors si comme John Perry vous avez déjà « perdu » une journée à simplement vouloir googeliser Meg Ryan ou si, comme moi, vous avez un paquet de travaux en cours qui semblent s’être ligués pour rester inachevés, procrastinez encore une heure ou deux à lire ce livre et vous verrez les choses sous un jour bien plus radieux.

[1] PERRY John, La procrastination – L’art de reporter au lendemain, éd. Autrement, Paris, 2012. Première publication en langue anglaise sous le titre Art of Procrastination : A Guide to Effective Dawling, Lollygagging and Postponing publié par Workman.

[2] En 2011, le livre a été récompensé par le prix Ig Nobel en Littérature, un Nobel humoristique récompensant des découvertes insolites.

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